Burnout

La spirale du burnout

La personne victime de burnout a bien souvent une valeur travail très forte. Extrêmement rigoureux(se), voire perfectionniste, elle fait les choses bien et privilégie le « parfait » au « fait ». Il s’agit généralement d’une personne motivée, compétente et consciencieuse qui aime son travail et s’y investit fortement jusqu’à devenir un brin workaholic.  Endurante, elle ne compte pas ses heures et préfère taire les alertes de son corps plutôt que de signaler à ses collaborateurs ou sa famille lorsqu’elle fatigue.  Il ne s’agit pas uniquement d’excès professionnels, mais aussi de
la charge d’assumer des conflits, des responsabilités ou des stimuli de
type émotionnels ou cognitifs.

N’écoutant pas (ou plus) ses besoins, elle est persuadée que les choses ne tourneront pas sans elle. Ne rechargeant plus ses batteries personnelles, la fatigue s’installe mais elle continue à négliger les signaux d’alerte (fatigue, douleurs,…)

En plus de la spirale « Je bosse et je néglige mes besoins », s’ajoutent toutes les pressions, externes et internes, vécues par la personne sujette au burnout. Les pressions EXTERNES sont tous les évènements de son environnement qui provoquent du stress chez elle, par exemple un changement d’organisation au boulot, du matériel inadéquat, des objectifs inatteignables, …  Et puis il y a les pressions INTERNES, celles qui sont étroitement liées à sa personnalité, à ses exigences envers elle-même. Par exemple, le fait de penser qu’il faut aller vite ou qu’il ne faut pas faire d’erreur,… ce sont donc plutôt des exigences internes qu’elle s’impose à elle-même parfois sans même s’en rendre compte. Le futur burnie se met souvent une auto-pression qui n’est peut-être pas nécessaire.

L’exposition prolongée et répétée à des situations de stress mène alors au stress chronique. L’organisme est constamment sous stress, ce qui en affaiblit notamment les réserves énergétiques et a des impacts négatifs sur les systèmes cardio-vasculaire (tension élevée par exemple) et immunitaire. 

La négligence par le burnie de ses propres besoins combinée à une exposition prolongée à différents facteurs de stress peut mener à l’épuisement de l’organisme,  tant sur le plan physique qu’émotionnel. La personne se sent vidée quand elle entame sa journée, n’arrive plus à se détendre.

L’épuisement peut aussi avoir un impact sur le contrôle de ses émotions (irritabilité, colère, peurs,…) et de ses cognitions (attention, mémoire, concentration). N’ayant plus la force de faire face, l’individu en burn-out se détache, déshumanise ses relations professionnelles. Cette dépersonnalisation prendra la forme d’un certain cynisme et d’une absence d’émotion dans les interactions. Epuisé et ayant l’impression d’avoir perdu ses compétences, un sentiment d’échec et d’impuissance s’installera.

Vivre avec un proche un burnout...

Vivre avec un proche en burnout n’est pas une posture facile. Bien sûr, on se trouve dans une position à priori plus favorable que celui/celle qui souffre d’épuisement professionnel. Pourtant, il n’est vraiment pas facile de savoir quoi faire face à cet effondrement aussi soudain qu’incompréhensible. L’ entourage se trouve alors bien souvent démuni.

Que faire ?

– Informez-vous sur le burnout. Lisez des témoignages, renseignez-vous sur le burnout. La lettre ci-dessous devrait vous aider à mieux comprendre ce que vit et ressent un burnie au quotidien.

– Prenez soin de vous. Se relever d’un burnout prend du temps et la personne concernée aura besoin de votre compréhension, de votre soutien et de votre patience. Pour compenser ce que votre proche ne parvient plus à faire, vous avez , sans doute, pris sur vous des tâches quotidiennes supplémentaires. Mais attention, soutenir un proche en burnout est énergivore, alors il est primordiale de prendre soin de vous aussi !

– Sortez de la relation aidant/aidé. Osez partager avec votre proche ce que vous vivez durant cette période, vos besoins et vos attentes déçues.
Assurez-vous et encouragez votre proche à confier ses difficultés et ses craintes ailleurs, auprès d’un professionnel. Il est indispensable de préserver les moments légers et anodins pour rétablir une relation équilibrée et nourrissante.

Lettre d'un burnie à ses amis

« Mes chers amis,

Je vous écris cette lettre pour que vous compreniez mieux ma situation…

Vous qui me connaissez, vous savez à quel point je me suis toujours investi dans mon travail : corps et âme, sans compter mes heures, impliquée parfois jusqu’à l’excès…Vous savez que je ne suis pas une fainéante, une assistée qui profite du système…Vous le savez ça, enfin j’espère…

Oui j’ai craqué, oui je traverse aujourd’hui ce que l’on appelle un « Burn out ». Qu’est ce que c’est que cette bête me direz-vous ?

Et bien, vous voyez votre téléphone ? Tous les jours vous le chargez pour pouvoir l’utiliser. Et bien, je suis comme une batterie de téléphone HS, vous avez beau la charger, le niveau d’énergie ne remonte pas suffisamment pour pouvoir l’utiliser. J’ai besoin de « me » charger longtemps pour gagner quelques minutes de communication. Pourquoi ? parce que j’ai trop forcé, j’ai trop sollicité la batterie, je lui ai demandé de fonctionner beaucoup, longtemps, et ce pendant une longue durée. A force, la batterie (mon corps) a dit stop : « je ne peux plus fonctionner si on ne me recharge pas suffisamment ».

Vous voyez dans quel état je me trouve ? Epuisée, HS, une fatigue immense, un corps qui ne répond plus, et pour le coup, un moral dans les chaussettes car je ne supporte pas cet état, je ne supporte pas de ne plus pouvoir être celle que je suis. Cela me fait peur, je ne me reconnais plus, je ne comprends pas ce qu’il se passe dans mon corps. J’ai honte, j’ai le sentiment d’être faible, de ne pas avoir été à la hauteur…moi qui me pensais si forte….

Mais je sais une chose : c’est que je ne peux rien faire, je ne peux plus rien faire pour forcer ce corps à faire ce que j’aimerai qu’il fasse.

Pourquoi je vous dis tout ça ? Pour que vous compreniez à quel point vos petites phrases, qui certes, partent d’un bon sentiment, sont inutiles et me font mal.

Quand vous essayer de me « raisonner », en me disant que ça commence à faire « un peu trop longtemps » que je suis arrêtée ou sans activité, quand vous essayer de me mettre devant mes responsabilités, en me faisant prendre conscience des risques financiers que j’encours, des risques pour ma carrière si je ne reprends pas vite du « poil de la bête ». Quand vous me dites, « allez ma grande, tu es forte, bouges toi » et bien vous me faites mal. Parce que tout ça je le sais, et si je pouvais oui, je ferai autrement. Mais je ne peux pas. Mon corps a besoin de temps pour recharger ses batteries, et je ne sais pas de combien de temps il va avoir besoin. Si je le savais…Oh oui…qu’est-ce que cela me soulagerait si je le savais.

Alors oui, vous pouvez penser que je passe mes journées à ne rien faire, à me prélasser, à me balader et que, depuis le temps, je devrais aller mieux. La convalescence d’un burn out est variable : quelques semaines, quelques mois, parfois plusieurs années. Tout dépend à quel point on a forcé sur la batterie, et du temps qu’il lui faudra pour récupérer un fonctionnement à peu près normal.

En quoi consiste cette convalescence : se reposer, beaucoup… se faire plaisir pour ressourcer sa batterie. Eviter le stress, la pression, les problèmes à gérer, parce que tout ça me fait consommer le peu d’énergie que j’ai sur ma batterie. Et du stress, avec cette situation, j’en ai : Cette impossibilité de savoir de quoi demain sera fait, de l’angoisse du temps qui passe, des questions sur mon avenir, de ma situation financière, de ces questions que je me pose en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire de ma carcasse demain, comment je vais pouvoir repartir dans une activité professionnelle après ce traumatisme qu’a reçu mon corps…Oui du stress, déjà j’en ai.

Alors, s’il vous plait, acceptez cette situation, laissez-moi du temps, laissez-moi me reposer, ne rien faire, me faire plaisir, le temps de me recharger.
S’il vous plait, cessez vos questions assassines, vos encouragements inutiles…juste laissez moi le temps, faites preuve de compréhension, faites moi confiance, quand je pourrai, je ferai.

J’ai juste besoin de savoir que vous êtes là pour moi, de votre amitié, de vos conseils quand je vous le demanderai, de votre indulgence et de votre compréhension.

Merci mes amis… »

Source « lettre » : Site web de Catherine PY – Psychologue et coach. https://envol-et-moi.com/lettre-dune-burnoutee-a-ses-amis/

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